C’était la grande première pour le chef de l’État, l’une des plus suivis de cette Assemblée Générale de l’ONU. Devant les représentants de 150 nations du monde, ce 19 septembre, le Président s’est fendu d’un discours accès sur une approche multilatérale, détaillant et arguant sur les situations les plus sensibles de la planète. Peut avant lui, Donald Trump, réalisait également sa grande première, très suivi. Mais, à contrario d’Emmanuel Macron, le Président Américain s’est montré belliqueux et a, pendant 45 minutes, détaillé une approche unilatérale de sa politique internationale.

« C’est par le multilatéralisme que nous règlerons les conflits. Je crois à un multilatéralisme fort. », a assené le président français, Et de poursuivre : « Nous devons reconcilier notre intéret et nos valeurs. » Il a invité les responsables à « sortir de leurs bureaux », « sortir des dogmes » et écouter « les voix des oubliés » afin de faire face aux crises.

Accord de Paris

« Les plus fragiles sont les premières victimes, mais nous sommes tous frappés par l’emballement du climat ».

Sur l’accord, signé par 195 pays le 15 décembre 2015, Emmanuel Macron rappel que « détricoter l’accord serait détruire un pacte entre les États et les générations », sans pour autant citer le président américain, qui en a retiré les Etats-Unis le 1er juin dernier. Le président de rappeler qu’il « respecte profondément la décision des États-Unis » et que « la porte leur sera toujours ouverte » mais que les autres États continueraient « à mettre en œuvre l’accord de Paris ».

Nucléaire Iranien

Alors que Donald Trump semble remettre en cause l’accord, allant jusqu’à qualifier Téhéran de « dictature corrompue » et qualifie cet accord d’un des pires auxquels les Etats-Unis aient jamais participé », le président Français joue l’appaisement et souhaite laisser une porte de discution pour prolonger la porté du texte après 2025.

« Notre engagement sur la non-prolifération a permis d’obtenir un accord solide, robuste, qui permet de vérifier que l’Iran ne se dotera pas de l’arme nucléaire. Le dénoncer aujourd’hui sans rien proposer d’autre serait une lourde erreur, ne pas le respecter serait irresponsable, parce que c’est un accord utile », a t-il déclaré.

Syrie

« Pour établir une paix durable et juste, il y a urgence à nous concentrer sur le règlement politique de la crise par la transition. »

Le chef de l’Etat a tout d’abord plaidé pour la création d’un “groupe de contact” afin d’enclencher une nouvelle dynamique permettant d’aller vers une solution politique du conflit.

Rajoutant que le processus des négociations menées à Astana au Kazakhstan, par Moscou, Téhéran et Ankara, et qui ne traite pas les aspects politiques, « ne suffit pas ».

Corée du Nord

Face à la menace nord-coréenne, Emmanuel Macron a appelé à un renforcement de sanctions et « à une politique pro-active » de la Chine et de la Russie, tout deux soutiens de Pyongyang.

Toujours à l’opposé de son homologue américain, qui promet de « détruire totalement » la Corée du Nord en cas de nouvelles provocations nucléaires, le président français estime lui que « nous n’en sommes pas là ».

« Nous sommes dans une géographie où une intervention militaire serait complexe. […] Je pense que c’est intempestif de mettre en avant la menace d’une réplique par la guerre », a-t-il dit lors d’une conférence de presse, quelques heures après la menace brandie par Donald Trump.

Birmanie

Alors que la présidente birmane, Aung Sun Suu Kyi, était absente de l’Assemblée, préférant organiser une conférence de presse afin d’expliquer et de dénoncer les accusations de génocide sur la minorité Rohingyas du pays, la France va prendre l’initiative au Conseil de Sécurité de l’ONU concernant le sort de la minorité musulmane, qui a fui vers le Bangladesh.

Refonder l’ONU et l’Union Européenne

« Nous avons besoin de sortir de nos bureaux. Nous avons besoin d’un Conseil de sécurité qui puisse prendre des décisions efficaces et ne pas être enfermé dans un droit de veto quand des atrocités de masses sont commises », a clamé le président. Il a réclamé que l’ONU « porte les voix oubliées » des réfugiés et des opprimés.

La France, la semaine prochaine, présentera à ses partenaires européens une feuille de route sur dix ans pour « refonder » l’Union Européenne en proposant « une Europe à plusieurs formats », avec un ministre et un Parlement de la zone euro.

Macron inflexible

« Nous sommes irrémédiablement liés les uns aux autres », a insisté Emmanuel Macron.

Dans son premier discours international, majeur, Emmanuel Macron a donc fait un oral lyrique et applaudi. À l’instar de Dominique de Villepin et de la doctrine tricolore du multilatéralisme, souhaitant que les États règlent leurs problèmes ensemble. Rappelant également les initiatives impulsées par la France.

Les deux grandes premières de cette Assemblée Générale, française et américaine, ont semblé être une joute rhétorique entre les deux présidents. Face à un Donald Trump belliqueux et vif, Emmanuel Macron, sans le citer, a semblé lui répondre point par point dans son discours.

Trump menaçant de détruire la Corée du Nord. «Je suis défavorable à toute intervention militaire», réplique Macron.

Remise en cause de l’accord sur le nucléaire iranien par l’Américain. «Ce serait une lourde erreur», rétorque le Français.

L’accord sur le climat dont Donald Trump semble vouloir s’extraire. «Cet accord nous lie. Il ne sera pas renégocié», martéle le chef de l’État.

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