Interrogé ce matin sur BFMTV, le Premier ministre a tenté de déminer les crispations des derniers jours portant sur le terrain social et fiscal. La semaine de concertation sur la réforme du code du travail et les annonces de Bercy de mardi ont en effet crispées l’opinion et l’opposition.

L’interview a cependant laissé place à un Premier ministre plutôt incertain sur les diverses dates des réformes à venir, tout en évitant d’entrer dans les détails sur les questions sociales sensibles.

Voici donc ce qu’il fallait retenir de cette interview de rentrée.

Un “plan étudiants” pour la “réussite”

Édouard Philippe a affirmé que la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Frédéric Vidal, est en train de préparer un plan avec les organisations syndicales et les universités.

Elle rencontre dès le début de la semaine prochaine un certain nombre d’organisations. Donc on va avancer sur ce plan une meilleure orientation.”

Les acteurs de l’éducation ont entamé une vaste concertation sur l’entrée à l’Université. Cette concertation, qui doit durer jusqu’à fin octobre, a également pour objectif de mettre fin au tirage au sort dans les filières non sélectives.

Pour les syndicats étudiants, ces prérequis peuvent toutefois masquer une sélection déguisée.

Baisse des APL

Pour le Premier ministre, “la baisse générale des APL est contenue dans le budget précédent, que je n’ai pas voté mais que j’exécute”, assurant que le gouvernement précédent “n’a pas mis en oeuvre” cette mesure. Il reconnaît cependant que ce n’était “pas intelligent”.

Suppression de la taxe d’habitation

Nous avons prévu une mesure qui va nous permettre de baisser le produit, le versement de la taxe d’habitation, à hauteur de 3 milliards” dès 2018, a-t-il indiqué.

Par erreur; il affirme que “30% des Français” bénéficieraient de cette mesure. Matignon a ensuite rectifié, indiquant que ces 3 milliards correspondaient à une baisse de 30% de la taxe d’habitation pour 17 millions de foyers.

La baisse des cotisations sociale confirmée

On va les baisser de plus de deux points au 1er janvier et à la rentrée de septembre-octobre, on va les baisser d’un peu moins d’un point’, ce qui occasionnerait “un gain de pouvoir d’achat considérable”.

Cette baise sera cependant en deux temps en 2018. Ce qui, pour certains commentateurs, n’aura aucun effet sur la fiche de paie. Car en parallèle, le gouvernement va augmenter dès le 1er janvier de 1,7 point la CSG (Contribution sociale généralisée), une mesure qui va toucher aussi les retraités.

“Changer la logique” des contrats aidés

Réévaluant à 320.000 le nombre de contrats aidés pour 2017, le chef du Gouvernement a laissé entendre que le tour de vis serait plus fort en 2018, tout en assurant que le gouvernement ferait “en sorte que l’utilisation des contrats aidés dans l’Éducation nationale et les Outre-mers soit préservée”.

Les remarques … de François Hollande

L’ancien chef de l’État s’est immiscé dans l’interview, ce dernier étant sorti dernièrement de son silence. En effet, François Hollande a prévenu mardi Emmanuel Macron qu’il “ne faudrait pas demander aux Français des sacrifices qui ne sont pas utiles”.

Que l’ancien président de la République essaye de valoriser son bilan, je crois qu’au fond c’est naturel”, a commenté l’ancien maire du Havre.

Édouard Philippe a en outre affirmé avoir “entendu” les “conseils avisés” de François Hollande et qu’il les intégrera “peut-être”.

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