UFDLEDGCe roman paru en avril 2015 de Francine Mores raconte l’histoire de Geneviève Koffmann, une française contrainte de suivre ses parents en Russie contre son gré alors qu’elle n’avait que six ans. L’auteur a raconté la vraie vie de Geneviève qui n’était autre que son professeur de russe. Un témoignage prenant, et un récit bien raconté. Une oeuvre qui nous a motivés à rencontrer l’auteur pour l’interview que voici :


– D’où vous est venu cet intérêt pour le russe ?

« Après la 3è, je souhaitais commencer une nouvelle langue au lycée, et dans l’établissement que je fréquentais on proposait l’italien ou le russe. J’ai choisi le russe un peu au hasard, parce que cela me semblait plus « exotique » et plus inhabituel que l’italien. J’ai tout de suite adoré les cours et c’est devenu ma matière préférée. »

– Quelles ont été vos motivations, en 1994 et avant de vous inscrire en tant qu’enseignante de russe ?

« Depuis toute petite je rêvais de travailler dans l’enseignement ; j’avais d’abord pensé être institutrice, mais mon amour du russe m’a poussée à tenter le concours pour enseigner cette matière. »

–  Geneviève rêvait de faire deux voyages, vous a-­t-­elle donné des retours sur ses voyages ? Les a­-t-­elle aimés ?

« Jusqu’à la fin de sa vie, Geneviève a été une personne curieuse, très ouverte et avide de tout voir, tout comprendre. Chaque découverte était un bonheur pour elle, ce qui a fait de ses deux voyages à l’étranger des expériences inoubliables. Le Canada l’a dépaysée par ses grands espaces et sa nature. De l’Italie, elle aimait tout : les gens si chaleureux, la langue chantante, le café bien fort, la nourriture et la culture architecturale. »

– Aujourd’hui vous êtes professeure d’Anglais, êtes­-vous aussi professeure de Russe ?

« Oui, j’ai obtenu les deux concours, mais je n’ai plus enseigné le russe depuis 2003 car c’est une matière très peu étudiée. Il n’y a pas beaucoup de postes. »

– Quels sont vos contacts avec la langue ou culture Russe aux jours aujourd’hui ?

« Je continue à suivre l’actualité de ce pays de près, je lis des livres en russe aussi souvent que je le peux. »

– Geneviève, qui aura fait plusieurs tentatives pour quitter la Russie y est restée un grand moment, auriez-­vous trouver la force physique et mentale qu’elle a eue pour faire de même ?

« Geneviève est, de tous les gens que je connais, la personne la plus courageuse que j’ai jamais rencontrée. Je ne sais pas comment j’aurais agi à sa place, mais elle a eu une vie aussi difficile que la mienne est protégée et tranquille. C’est pour cela qu’il était si important pour moi d’en parler. »

– Vos contacts avec Geneviève étaient très pédagogiques au début puis une amitié s’est développée. Avez-vous eu des contacts avec d’autres proches de Geneviève ?

« Geneviève n’avait qu’une sœur aînée, pas d’autre famille. Je connais cette sœur même si nous n’avons jamais été très proches toutes les deux. Je suis restée très amie avec une autre enseignante de russe qui venait elle aussi souvent voir Geneviève qu’elle avait rencontrée en Ukraine dans sa jeunesse. »

– Si vous deviez décrire cette femme honorable en un mot, lequel utiliseriez-­vous ?

« Je dirais que c’était une femme digne. »

– Vous souvenez­-vous de bons souvenirs, de films que vous avez vu ensemble au cinéma, des matchs de foot ?

« Nous avons vu ensemble « Le facteur » de Michael Radford qui était l’un de ses films préférés, elle était d’ailleurs retourné le voir seule juste après tellement elle avait aimé. C’est un extrait de la bande originale de ce film qui a été diffusé lors de son enterrement. Parmi les meilleurs souvenirs avec elle, il y a eu une sortie mémorable dans un grand restaurant parisien pour rencontrer le réalisateur Régis Wargnier qui souhaitait lui poser des questions sur son passé pour l’un de ses films. Elle était venue en vacances chez mes parents en Normandie, c’est aussi un excellent souvenir. Nous avons passé des après­-midi entiers à jouer au scrabble en russe, elle gagnait tout le temps et je trichais en prenant le dictionnaire. Parmi les derniers bons souvenirs, à l’hôpital, je l’aidais à sortir et on allait s’asseoir sur un banc dehors pour qu’elle puisse fumer sa cigarette tout en bavardant. »

– Un mot sur l’apprentissage du Russe ?

« Le russe, comme les autres langues vivantes, est un tout. Apprendre le langage entraîne toujours de connaître la culture et l’histoire du pays en question, cela me semble fondamental. Le russe a la réputation d’être une langue difficile, je dirais que ce n’est pas vrai. C’est une langue à déclinaisons, certes, comme l’allemand ou le latin, mais cela n’a rien d’horrible. Ce sont des automatismes à acquérir, tout comme l’alphabet cyrillique qui s’apprend très vite. On peut prendre cela comme un jeu au début, toutes ces nouvelles lettres parfois un peu étranges à mémoriser. »

 


Nous remercions Madame Francine MORES d’avoir répondu à nos questions. Nous espérons que cette histoire sera transmise car elle mérite d’être racontée et connue de tous pour le courage dont a témoigné Geneviève durant toute sa vie. En sa mémoire, l’auteure du livre a dédié l’oeuvre « à Geneviève, bien-sûr » et nous, l’équipe du MédiaNews dédions aussi cette interview à Geneviève en sa mémoire.


 

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